MAD Djerba

Vie quotidienne entre Paris et Djerba, hôtels, restaurants, sports et loisirs, sorties, services, spectacles, équitation, golf, tennis, kitesurf, shopping

16 novembre 2007

LA DJELLABA

Houmt Souk, une femme en djellaba. Je ne suis pas retournée au Maroc depuis août 2002 et cette femme me ramène au pays. Je me souviens des vacances d’été. Ma mère nous y préparait, m’y préparait des mois à l’avance. Il y avait bien sûr les valises pleines de cadeaux pour la famille, mais il y avait aussi et peut-être surtout la valise, celle de sa revanche, où semaine après semaine, elle avait « réservé » les beaux habits tout neufs que j’étais en devoir de porter pour lui faire honneur et leur clouer le bec ! Sauf que je n’ai jamais été obéissante, et qu’à son grand désespoir, je n’ai jamais eu assez peur ni de son amour, ni de sa violence ni de ses chantages.

Moi, ce qui me plaisait, c’était la djellaba noire de ma cousine. Je la portais tous les jours. En la portant, j’avais l’impression de balayer mon statut d’émigrée, d’étrangère. Je me fondais dans la masse, je lui appartenais. Elle était si confortable, si facile à vivre. C’était aussi l’instrument par lequel j’exprimais rébellion et solidarité. J’avais si honte de ces belles tenues. Comment traverser rues et ruelles de la ville habillée de la sorte et croiser le regard de misère ?

Ma mère en arrivait à me supplier, et pour lui faire plaisir, je lui accordais une ou deux sorties en tenue. C’était l’horreur. Tous ces regards, toute ma honte.


Posté par madjerba à 12:20 - LES CHOSES DE LA VIE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=285705&pid=6906862

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :