MAD Djerba

Vie quotidienne entre Paris et Djerba, hôtels, restaurants, sports et loisirs, sorties, services, spectacles, équitation, golf, tennis, kitesurf, shopping

12 mai 2008

LE BOUQUET

Quelle que soit sa taille, l'épicerie djerbienne est toujours une vraie caverne d'Ali Baba. Quel que soit l'épicier, jeune homme en jean et tee-shirt ou vieux monsieur en blouse grise, l'accueil, l'esprit de service et la gentillesse sont toujours au rendez-vous.

Les épiciers djerbiens ont un don incroyable pour gérer l'espace au millimètre près. Dans 5 m2, on peut trouver produits alimentaires de première nécessité, friandises, articles en plastique, produits d'entretien,  d'hygiène corporelle, cordages, piles, bouteilles d'eau, fruits et légumes, cigarettes, parfois même de la volaille, etc. Tout tient dans un espace restreint comme par magie avec une logique pas toujours évidente au premier regard mais d'une efficacité redoutable et remarquable.

Ils ont tous une calculette protégée par un plastique tellement usé qu'on se demande comment ils arrivent à voir les chiffres mais bien souvent, ils préfèrent griffonner l'addition sur un morceau de papier qui traîne toujours à portée sur le comptoir. Ils sont capables de servir 5 personnes à la fois (ils manquent c'est vrai d'un peu d'autorité par rapport à leur clientèle) mais être assaillis de demandes multiples et simultanées ne les dérangent absolument pas. Jamais ils ne laissent une dame porter ses courses jusqu'à sa voiture. Il leur est évident qu'ils doivent le faire tout à fait gracieusement. Certains en plus, voire la plupart, servent de relais postal puisque beaucoup de gens qui n'ont pas de boîte postale se font adresser leur courrier chez l'épicier du coin. Les épiciers djerbiens sont des personnes de confiance et qui font confiance. On peut leur remettre une enveloppe avec de l'argent à remettre à une tierce personne et il suffit qu'ils vous aient vu une fois pour vous laisser faire vos achats à crédit et jamais ne prennent note du montant, aucun reçu. C'est une question de parole donnée.

Aujourd'hui, je me suis rendue dans une de ces épiceries de l'île, où j'ai fait mes courses pour la première fois. Après avoir payé, le jeune homme qui m'a servi m'a dit :
- "Vous faites du bon thé chez vous, je connais le Maroc et j'aime votre thé."
Il est ensuite allé me chercher une botte de menthe fraîche et me l'a offerte. Je l'ai reçue comme un bouquet de fleurs.


Posté par madjerba à 19:02 - ARTISANAT - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Merci pour le temoignage

Merci infiniment pour ce beau témoignage. Les épiciers de Jerba travaillent aussi 12 à 14 heures par jour. Ils étaient les premiers à investir dans des coins reculés de la Tunisie.Ils sont porteurs de valeur dans un monde concurrent où il suffit de manquer 1 centimes devant une caisse d'une superette pour te dire désolé il faut laisser à coté un de vos achats!!! Continue Jamila d'acheter chez ces humbles personnes car avec ce qu'on voit comme acharnement commercial de la part des grandes boites on finit par saisir l'importance du commerce trés humain que pratique les Jerbiens.

Posté par Walid, 12 mai 2008 à 20:34

Coucou MAD,
ton billet me fait sourire...Dans mon vieux quartier (pas à Djerba, à Tunis), j'adore aller faire mes emplettes chez mon épicier djerbien (enfin de jeunes djerbiens qui ont le même commerce, c'est un commerce familial); ce sont de véritables hommes-orchestres, rapides, efficaces, bref, je les adore, hi hi. Bises

Posté par tunis, 12 mai 2008 à 21:56

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