MAD Djerba

Vie quotidienne entre Paris et Djerba, hôtels, restaurants, sports et loisirs, sorties, services, spectacles, équitation, golf, tennis, kitesurf, shopping

27 février 2008

LE BOUT DU MONDE

Comme une enfant perdue, je marcherai le dos au soleil pour que seule mon ombre me tienne compagnie et me parle. Je regarderai droit devant, heureuse de ne pas savoir où aller, me laissant porter par les bras du hasard, heureux ou malheureux. Je respirerai de grandes bouffées d'air chaud, légère d'aucun bagage, d'aucun passé et d'un avenir incertain, du rien à remplir de petits riens. Rien de prévisible, juste des sensations, des impressions, fugaces mais profondes. Je tracerai ma route à l'encre invisible, sans aucun repère, sans aucun point d'attache. Je sourirai à tous et à la vie, tout en évitant de plonger mon regard trop longtemps dans le regard d'un autre, pour ne plus risquer un jour d'être emprisonnée par l'amour. Trop nombreux sont ceux qui aimant veulent vous posséder, vous attacher, marquer votre chair au tison brûlant du poinçon de la permanence.  Chaque épisode que je vivrai, contiendra le mot "FIN" et ma vie deviendra un éternel commencement. Lorsque fatiguée d'avancer et de sourire, je me tournerai pour faire face au soleil. Il me brûlera les yeux, alors je pourrai les fermer une dernière fois. J'aurai, égoïste et altruiste pourtant, atteint le bout du monde.


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25 février 2008

BILAN DU JOUR

En vivant à Djerba, je me dis que :

- c'est le genre d'endroit où je connais trop de monde pour me sentir libre et pas assez pour obtenir ce que je veux mais assez pour me sentir protégée ;

- je ride plus vite (on développe les rides du lion à cause du soleil) mais que je reste plus jeune car l'air n'est pas pollué (ce qui en plus me déculpabilise par rapport à la cigarette, un non fumeur en ville aspire plus de saloperies que moi) ;

- je suis riche, privilégiée, alors qu'à Paris, je me sens pauvre, et que comme le dit mon ado préféré "à Paris, tout ce qui est beau est cher et tout ce qui est moche est cher" ;

- même riche, il n'y a rien à acheter, qu'il est donc inutile de vouloir "se faire du fric" ;

- peu de mes relations sont sincèrement amicales, beaucoup sont "circonstancielles" (plus la population d'un endroit est réduite, moins il y a de vrai choix et plus il faut faire de compromis pour préserver la cohésion du "groupe" );

- je vis à l'américaine : je dois prendre ma voiture pour acheter une simple baguette de pain ;

- jamais je ne pourrai tromper mon mari avec le facteur (on n'en a pas en zone rurale) ;

- la RDLP (Radio Langue de Pute) fonctionne aussi bien voire mieux que partout ailleurs, normal l'île est plate, aucun obstacle donc pour faire circuler l'information, surtout la mauvaise ;

- j'aurais au moins appris la patience, et que si beaucoup de choses sont impossibles, tout est possible ou presque ;

- c'est plus sympa de balayer du sable que d'essuyer de la poussière noire ;

- j'ai rarement l'occasion de porter des talons et c'est tant mieux parce que ça fait trop mal au pieds ;

- même vieille, je ne risque pas de finir seule en cas de séparation, car les jeunes hommes de l'île ont un fort penchant pour les femmes âgées financièrement autonomes et avec un passeport européen ;

- l'humidité et le sel, ce n'est pas bon pour les cheveux ;

- mon fils, bien qu'ayant de grandes prédispositions, ne sera jamais champion de natation (2 piscines au moins par hôtel et pas de piscine municipale) et finalement que c'est tant mieux parce que sport/études, c'est trop de contraintes ;

- je n'ai pas le sens de l'adaptation  puisqu'après 15 ans sur l'île, je ne sais toujours pas qui a quelle voiture, qui est marié à qui, qui trompe qui avec qui  et qui gagne combien ,ce qui semble essentiel ici car c'est les infos qu'on vous donne quand on demande "C'est qui ?" ;

- j'ai de la chance de ne pas avoir de ciné, théâtre, salle de concerts, galeries d'art, ça fait des économies ;

- j'en ai marre de la cuisine "hoka tmatem et harissa", mais que je n'avais qu'à me mettre à la cuisine ;

En vivant à Djerba, je me dis que la plage est belle, que la plage est belle, que la plage est belle...


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11 février 2008

BABEL

"Le citoyen qui possède plus d'une langue a une vision plus vaste que celui qui n'en possède qu'une [...], maîtriser plusieurs langues est un des piliers d'une culture de la paix." Boutros Ghali

Je croise Sara, jeune adolescente du quartier, lycéenne depuis cette année, et prends quelques minutes pour prendre des nouvelles de sa famille. J'ai connu Sara alors qu'elle était à l'école primaire. Je lui ai donné bénévolement des cours de français, qu'elle a abandonnés au bout d'un an à peine, découragée (probablement par mon exigence excessive, je l'avoue). Voulant savoir où en est son niveau de français, je lui propose de converser un peu dans cette langue. Je ne suis pas surprise, son niveau est très faible comme celui de beaucoup de ses camarades de classe qui n'ont pas la chance soit de baigner dans une double culture, soit d'avoir des parents un tant soit peu bilingues, ou bien des parents assez aisés pour payer des cours de soutien ou encore d'avoir une motivation hors du commun.

Je trouve sidérante la différence de niveau en français entre les tunisiens de la génération des années 60 (comme mon mari et ses amis) et la génération des années 90 (celle de mon fils), mais je la comprends, car grâce à ces cours que j'ai volontiers donnés à plusieurs enfants, je me suis rendue compte des difficultés auxquelles ils devaient faire face.

aLPHA

L'apprentissage du français commence dès la troisième année primaire, ce qui est une excellente chose. Le problème me semble être cette fameuse méthode globale. Je me suis vite rendue compte de l'effet "poudre aux yeux" qu'elle pouvait produire. Sara pouvait en fait me réciter chaque page de son livre de français mais pas lire. Lorsque je mélangeais les mots (retapés par mes soins, chacun sur un morceau de papier), elle ne les reconnaissait plus à part les plus "faciles". Forcément ! Il y a déjà un nouvel alphabet à acquérir, chose déjà difficile avec la méthode globale mais rendu encore plus dure lorsque l'enfant doit apprendre chaque lettre sous différentes formes, minuscule, majuscule, manuscrite ou typographique, apprendre à écrire de gauche à droite, et se familiariser avec de nouveaux sons comme le p, faire la différence entre "e" et "u", "ou" et "oui", etc. Or, il n'y a aucun cours de phonétique et aucun apprentissage de l'alphabet lettre par lettre et des combinaisons de ces lettres entre elles.

Supposons que Sara soit une excellente élève, très motivée, et qu'elle arrive, tant bien que mal à acquérir des notions de base en français. Voilà qu'en cinquième année, on l'initie à l'anglais alors qu'elle patauge encore avec sa première langue étrangère ! Nos pauvres enfants, ils ont vraiment de quoi perdre la boule. Aucune des voyelles, à part le o (et encore) ne se prononce en français comme en anglais !

A cela s'ajoutent, pour la majorité des enfants que je connais, des difficultés en arabe littéraire (même pour leurs parents d'ailleurs ) !

Il est certain que l'apprentissage par nos enfants des langues étrangères dès le plus jeune âge est la meilleure des options, et que les efforts déployés en ce sens sont nécessaires, louables et ambitieux, mais ne pourrait-on pas, nous aussi, remettre en question cette fameuse méthode globale ?


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07 février 2008

CONVERSATION AVEC UN AMI

Il m'a dit "Je ne suis jamais tombé amoureux." J'ai répondu "Ah bon ?" Un "Ah bon ?" sincère et puis "Pas une fois ?" Face à sa réponse définitivement définitive, j'ai laissé tomber le sujet, lui aussi d'ailleurs.  Comme d'habitude, j'ai gardé ça pour moi dans ma petite tête, réfléchir tout haut entre amis, parfois c'est trop long, ça casse le rythme, et puis c'est trop frais, il faut réflechir. J'ai essayé de réfléchir et puis rien de plus n'est venu. Je suis restée sur mon premier sentiment, l'étonnement, le doute. Est-ce possible alors, même eux, ça peut leur arriver ! Une telle phrase dans la bouche d'une femme ne m'étonne pas. Je sais que ma grand-mère, mariée pré-ado, n'a jamais aimé ni son mari, ni un autre, et que pour elle, les hommes, c'était une corvée à respecter, la survie. Heureusement, ma mère était une amoureuse et je suis le fruit d'un de ses grands amours. Mais c'est la première fois que j'entends cette phrase dans la bouche d'un homme ou alors j'ai oublié. Pour ceux qui ne croient pas en l'amitié entre un homme et une femme, ce n'était pas une ruse de faux sioux pour me lancer un défi. Il y a le mot "Ami" dans le titre et on a passé l'âge de ces techniques adolescentes.

Maintenant que j'y pense, je fais moi-même la différence entre être amoureuse et aimer. Faudra qu'on en reparle.


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05 février 2008

VOYOU, JE T'ADORE !

flowerchucker
                                                                       Banksy


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28 janvier 2008

SCANDALEUX !

Je ne regarde jamais les infos sur TF1 sauf que ce soir je suis "tombée" sur le JT de 20H00 présenté par PPDA. Je ne me permets pas de zapper, je ne suis pas chez moi. J'écoute et je regarde donc, et un reportage retient mon attention. Il s'agit de l'histoire d'une équipe de sportifs irakiens (tae kwendo) qui s'est fait la belle à l'occasion d'une invitation en Europe et en a donc profité pour demander l'asile politique.

Pour protéger l'anonymat de ces athlètes (en mauvais état d'ailleurs), on les filme de sorte que leurs visages n'apparaissent pas entièrement à l'écran. On devine déjà quand même pas mal de traits. Le commentateur poursuit à un moment en précisant que cette "évasion" n'a été possible que grâce à l'aide d'un homme, qui lui aussi veut protéger son anonymat, par crainte de représailles contre sa famille restée en Irak. Et ce même commentateur ne trouve pas mieux, de dire sur une photo de remise de trophée (où le visage de l'intéressé est flouté), que cette personne pratique elle aussi le tae kwendo et qu'elle a récemment remporté une médaille d'argent lors d'une compétition dont même le lieu est précisé. Si avec autant d'indices, les autorités irakiennes n'arrivent pas à l'identifier !!! Certes, elles n'ont probablement pas besoin des services de TF1 pour faire leur enquête, mais sur le principe je trouve ça DEGUEULASSE !


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26 janvier 2008

FACECUBE

C'est un peu ça aussi Facebook ! Il faut avoir au moins autant d'amis que de petits carrés sur un Rubikscube (au moins 40) sinon tu "pokes", tu "kisses" et "hugs" toujours les mêmes. Du coup, tu peux vite avoir l'air d'un pot de colle et pire de quelqu'un qui ne connaît pas grand monde. Et la cata, c'est si t'en as moins de 20 dans le circuit, parce que tu n'auras jamais les réponses aux questions que tu ne t'es jamais posées, mais pour lesquelles tu t'es fait suer à répondre à un long quiz. Bon, si j'invite mon mari dans ma liste, c'est bon, j'aurai les 20, mais j'ai vu que les copains et les copines n'ont pas mis leurs conjoints dans leurs listes, je me dis que ça ne doit pas se faire. Question de déontologie facebookienne ?

rubikscube_1_

A partir d'une vingtaine d'amis, c'est cool parce que tu peux zapper sur leurs têtes comme tu zappes à la télé. Hum, alors, qui vais-je poker aujourd'hui ? Tiens, je dois envoyer 10 kisses...bon, cette fois-ci, je n'embrasse que les filles. Je garde les pokes pour les garçons.

Bon là, j'en suis à 19, j'ai encore du chemin à parcourir avant de pouvoir lire mes deux messages secrets, si je suis cute, comment et combien. Bref, je patauge joyeusement ! En fait, je crois que j'ai vraiment vieilli et que c'est le mode d'emploi qui m'échappe !


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23 janvier 2008

PROUT PROUT MA CHERE

Le vent s'est levé sur une étrange idée, pourtant habituelle, celle que l'hiver à Djerba est redoutable. C'est l'ennui, la déroute, le vide. Il fait beau et faussement chaud ou moche et froid. De toute façon, chacun s'enferme chez soi, envie d'aller nulle part et puis où d'abord ? Boire le énième thé à la menthe au chicha café le plus proche (à Djerba tout est loin !), aller manger un morceau au même restaurant (il n'y a pas plus de 5 bonnes adresses sympas), se faire le 2ème hammam de la semaine histoire de faire passer le temps. Oui, d'accord, ceux qui aiment lire, broder, faire du tricot, bricoler ou cuisiner vous diront : "Je ne sais pas comment tu fais pour t'ennuyer, moi j'ai toujours quelque chose à faire". Grand bien leur fasse, mais parmi mes amis, ils/elles ne sont pas légion. D'ailleurs le mot que l'on entend le plus souvent en hiver quand on demande des nouvelles à un/une ami(e), c'est "guigna".

Alors, les télés font les 3 huit, les lecteurs DVD tournent à plein régime, les grilles de Sudoku se remplissent, les parties de Spider Solitaire se succèdent à un rythme effréné, et la musique est là pour doper le moral.

Mais heureusement, il y a les petits cafés pris entre copines. J'adore, surtout, quand aucun mâle n'étant dans les parages, on peut se "lâcher". Le sujet favori : les hommes bien sûr, l'amour toujours. Aujourd'hui, le sujet du jour était un des nombreux "Tue l'Amour". Nous discutions d'une histoire qui commence, toute rose, toute bleue, toute guimauve et puis j'entends dans la bouche de la toute nouvelle éprise : "Ah oui mais hier soir, il m'a lâché un de ces prouts !"
- "Déjà ? !!!"
- "Faut dire que les mecs sont vachement plus nature que nous et qu'ils se lâchent sans aucun problème, même en période de séduction."
- "Quand je pense que moi, après 10 ans de mariage, je n'ai jamais osé péter devant mon mari ! Si tu crois que lui ça le gêne !"
- "Oui, et puis cette aisance qu'ils ont à se balader à poil dans la maison dès la première fois. Moi, je sais que je me passe toujours une serviette ou m'enveloppe d'un drap. Un peu de mystère quand même, sinon on tombe dans la banalité."
- "C'est vrai ça, en plus, il y a des positions où ils sont franchement pas esthétiques mais ils s'en foutent !"
- "Tu crois que Robert Redford pète au lit ?"


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11 janvier 2008

VIEILLES CANAILLES

J'ai adoré ce matin l'histoire de ces deux sexagénaires américains qui pour toucher la pension de leur ami décédé n'ont pas hésité à le trimballer, mort sur une chaise roulante de bureau, jusqu'à l'agence de paiement. C'est franchement immoral mais je n'arrive pas à réprouver. Après tout, je me dis que si une fois morte, mon cadavre peut servir aux copains pour s'en sortir ou se payer une dernière bonne bouffe... Plus sérieusement, il y a derrière toute cette histoire, l'horreur de la misère et du désespoir. Mais encore une fois, je ne peux m'empêcher de sourire et tout cela me replonge dans l'univers de certains films italiens à l'humour grinçant, style "L'argent de la vieille" ou "Affreux, sales et méchants".


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26 décembre 2007

SCIENTIFIQUEMENT...

Voici une des conclusions d'une de mes nombreuses études inutiles, celle-ci portant sur l'influence de notre capillarité sur notre vie.
Le goût de certains pour la sédentarité prolongée ou plus exactement la stabilité professionnelle n'a rien à voir ni avec la couleur des cheveux, ni avec la densité de la chevelure.

putin_040913 silvio_berlusconi_croise_les_bras_et_en_impose_reference


 

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