15 mai 2008
LE BOUCHE-TROU
Il y a des jours où un petit événement nous fait prendre conscience de qui nous sommes, en partie du moins, et ces jours là, on prend une décision qui nous changera pour la vie, qui changera notre vie. C'est souvent un détail, mais la vie n'est faite que de ça.
Ce jour là, ce soir là en fait, à peine rentrée dans la vingtaine, je tournais en rond chez moi. J'avais envie de sortir, plus précisément d'aller au cinéma. J'appelle donc ma meilleure amie. Elle me répond qu'elle est déjà prise. Je pense à une seconde amie. Même topo, elle est indisponible pour la soirée. Je sors alors mon répertoire et commence à tourner les pages. Tout à coup, je me vois, je m'observe, comme si mon esprit s'était détachée de mon corps, je me vois dans toute l'horreur de mon hypocrisie et de ma dépendance aux autres. Isabelle ne pouvait pas, Sophie non plus, j'allais donc bien trouver quelqu'un, quelqu'une pour m'accompagner. Parce que la vérité, c'était ça ! Je n'avais pas envie de voir Isabelle ou Sophie, j'étais simplement incapable d'aller seule au cinéma. Mon désir de voir une ou un ami n'était donc pas sincère. La honte m'a alors envahie et ce soir là, j'ai pris la décision d'aller au cinéma seule et à partir de ce jour ne me suis jamais servi de quiconque comme bouche-trou ou simple accompagnateur. J'ai gagné une vraie liberté et une vraie sincérité par rapport aux autres.
Ce matin, j'ai envoyé un SMS d'adieu à une amie, désormais ex-amie. Seule dans sa vie sentimentale pendant des années, nous avons été amies, très amies. Un homme est enfin entré dans sa vie et tout d'un coup, je n'existe plus, ma petite famille n'existe plus non plus, on ne l'intéresse plus. Elle n'a plus besoin de moi, de nous, pour meubler ses moments de solitude, puisqu'elle n'est plus seule, elle a un compagnon ! Ses coups de téléphone quotidiens sont devenus hebdomadaires, mensuels jusqu'à inexistants. Pire encore, lorsque je l'appelle, elle prend un ton très détaché, elle est très occupée, très envahie. Elle qui venait chez moi quand elle le voulait, à l'improviste même, que ma petite famille accueillait toujours avec sourire et sympathie, ne peut désormais même plus prendre le temps d'appeler juste pour prendre de nos nouvelles. Je peux comprendre l'euphorie dans laquelle on plonge à la rencontre de l'homme de sa vie, mais voilà moi je n'ai jamais sacrifié qui que ce soit à qui que ce soit, et c'est peut-être de l'orgueil de ma part, mais je ne veux pas être un bouche-trou.
09 mai 2008
APPRENDRE A AIMER
Ai-je vraiment aimé un jour ou ai-je simplement été amoureuse de
leur amour, de leur désir, que je recevais comme un pansement à ma blessure, comme un du ?
Ils m'aimaient, je me laissais aimer, le chronomètre toujours en tête,
attendant la faiblesse, celle de l'aveu, de la déclaration. Le glas alors
sonnait, une page se tournait. Ils savaient que je partirais, c'était dit, ce
fut fait, à chaque fois. Pas de triche, ils savaient.
Partir pour ne pas les haïr, ne pas les mépriser, pour ne pas
les tuer. Effacer toute trace du passé et recommencer. Entrer dans le cercle
infernal de la fuite joyeuse et vertigineuse, la valise toujours prête, le
chronomètre toujours en tête. Partir pour se sentir vivre, neuve et nouvelle,
libre, partir pour espérer savoir aimer un jour, peut-être. Partir pour ne pas
se sentir mourir, enterrée vivante, possédée.
Valise et chronomètre toujours en tête, me voilà depuis longtemps pourtant fixée à une terre par un homme peut-être, par un cordon sûrement que jamais je ne couperai, celui qui me relie à
ce petit gars qui m'a appris à aimer, sans retenue aucune, ce petit gars que
j'ai porté et qui sans le savoir me porte depuis. Un jour, il prendra sa valise
et je sais qu'il sera aimé et qu’il saura aimer.
07 mai 2008
EVOLUTION...
due à l'âge ou à la pression sociale ?
2006 2007 2008
04 mai 2008
HOROSCOPE
Je suppose que la rubrique « Horoscope » des
magazines féminins est le pendant de la Météo à la télévision, c'est-à-dire le
truc le plus regardé de ce type de support. C’est drôle de voir comment même
dans les pays où on lit de gauche à droite, les femmes ouvrent quasiment
systématiquement les magazines par la page de fin. Au café de l’aéroport :
F1 : « Fais voir l’horoscope »
F2 : « T’es de quel signe ? »
F1 : « Vierge »
F1 + F2 : « Hi hi hi !!!! »
F2 : « Alors, vierge. Je
lis : toujours à hésiter entre vie de couple stable et désir de
liberté, de libertinage ? »
F1 : « N’importe quoi, je suis seule. »
F2 : « Attends, y a une suite : Votre
couple est dans une phase harmonieuse, mais attention vous avez tendance à
vouloir en demander un peu trop. Ah ouais, c’est pas pour toi non plus,
désolée.»
F1 : « Je m’en fous, j’y crois pas à leurs
conneries ! »
Moi aussi, je m’en fous des horoscopes, je me fous des
magazines d’ailleurs. D’abord, je me fous de la rubrique « Beauté ». Je
n’ai pas envie de maigrir, je n’ai pas envie de bronzer, je me fous de la
dernière crème au concombre transgénique, sans paraben (bonne nouvelle, c’est
quoi au fait ?), au nouveau rétinol avec acide hyaluronique. Je n’ai que
faire de la rubrique « Culture » puisque j’ai le bleu de la mer et du
ciel en écran géant pour me faire les plus beaux films et des dunes de sable
pour écrire de mes doigts les plus beaux débuts de roman (de toute façon à
Djerba, y a pas le choix). Je me moque des pages mode parce que primo c'est trop cher, deuxio pour faire mon
marché à Midoun, je n’ai pas besoin de porter les dernières sandales de
Stéphane Kélian à 230 Euros, le dernier top de chez Kenzo hyper échancré à 185
Euros les 15 grammes,
le pantalon corsaire taille basse de chez H&M à 65 Euros les 3 mois (après
tu jettes) qui en plus est blanc, ce qui ne m’arrange pas, parce qu’au marché
de Midoun, les patates sont vendues avec la terre. Rien à cirer de la rubrique
« Gastronomie et recettes » (même avec photos), d’abord parce que je
n’aime pas cuisiner et ensuite parce qu’il y a toujours un ingrédient qui
manque. Si quelqu’un connaît d’ailleurs une adresse à Djerba où on trouve du
sucre roux, du mascarpone et des framboises, je me tenterai peut-être à faire
la recette du cake en page 158. La rubrique « Déco » me gonfle parce
que ici j’ai le choix entre Meublatex et Meublatex ou le « make it
yourself » (faut que je pense à aménager un atelier menuiserie et peinture
dans le garage). Je n’ai pas envie de tenter une expérience sexuelle juste pour
savoir si au fond du fond je suis « bi » ou pas, d’ailleurs à Djerba,
c’est pas possible, tout se sait (sinon…) ! Je n’ai pas envie de lire les
témoignages des vies larmoyantes dans la rubrique « Nos lectrices
témoignent », parce que sur l’île, y a tellement d’histoires que tous les
volumes de l’encyclopédie Universalis ne suffiraient pas à tout contenir. Ah
oui, il y a la rubrique « Voyages » : tiens, pas de bol, cette fois-ci c’est
un spécial Djerba…
Pour en revenir à la rubrique « Horoscope », je
n’ai rien à en attendre, à Djerba l’imprévu n’existe pas : on sait
d’avance qui on va voir et où, ou alors où on va et qui on va y voir.
Vivement la prochaine visite chez le médecin, si j’ai de
la chance y aura le dernier Cosmopolitan sur la table basse !
03 mai 2008
SORTIE DE TUNNEL
Avoir peur du jour, ne plus se regarder dans la glace parce que ça donne trop l'envie de se foutre en l'air ou le sentiment de se voir mourir, ne plus rien attendre de soi que de faire passer le temps, combien de temps ? Etat embryonnaire d'une espèce de Nosferatu sans charisme, d'une Vampirella sans attrait, juste le désir de voir couler son propre sang, juste l'envie d'errer dans la nuit. Allergique à à la vie diurne sans concession, à la confrontation avec la confusion du dehors, des
regards et des sourires même, peur de parler, d'être enfermée par l'affection
des autres, de ne plus pouvoir encaisser les émotions, de ne pas être à la
hauteur de ce qu'on attend de vous, de ce qu'on espère malgré tout de soi. Vivre simplement parce qu'il y a les autres, grâce aux autres.
Je suis sortie
et le ciel ne m'est pas tombée sur la tête !
Ce putain de mois d'avril est fini.
01 mai 2008
T'EN VEUX ?
A chaque 1er mai, j'ai le même souvenir qui revient et c'est un pur plaisir parce qu'il me rappelle combien je peux être "je m'en foutiste" au niveau de mon look et de ce que les gens peuvent en penser. Je n'ai que très rarement fait de concessions par rapport à mon confort ou à ma paresse. Lycéenne, déjà, mes ourlets de pantalons tenaient soit par des trombones soit par des agrafes. J'enlevais les lacets de mes tennis et les portait indifféremment avec des jeans ou des jupes (ce qui à l'époque ne se faisait pas). Je me suis nettement améliorée depuis mais il y a encore des jours où sans hésitation aucune, je sors en l'état.
Donc le matin ensoleillé du 1er mai de l'année de mon bac, je sors de ma chambre de bonne que j'occupais au 7ème étage d'un immeuble bourgeois, pour aller m'acheter des croissants tout frais. Vêtue d'un simple pyjama, j'enfile juste un imper par dessus, mets mes tennis sans lacets et ne prends même pas la peine de me regarder dans la glace avant de sortir. A la sortie de la boulangerie, assis à même le sol, un jeune homme m'interpelle :
- "Eh, mademoiselle, un petit brin de muguet ?"
Je lui réponds "Non merci" et au moment où je m'apprête à partir, il me sort son argument de vente suprême, créé sur mesure par rapport à l'image peu glorieuse que je devais dégager :
- "Eh, celui-là, il se fume !"
30 avril 2008
RDV DENTIFRICE
Un vrai petit chien !
29 avril 2008
C'ETAIT PAS COMME DANS LES FILMS...
Nous avions rendez-vous jeudi dernier en fin d'après-midi. Le taxi m'arrête devant un immeuble bourgeois en plein centre de la capitale. Le quartier est agréable, arboré. Je sonne à sa porte. Première déception, c'est son employée qui me reçoit et qui me conduit à son bureau. Il est au téléphone, me lance un regard et un sourire bienveillants et m'invite à m'asseoir en face de lui. J'ôte mon manteau et laisse apparaître un joli chemisier lilas. Il est très attentif aux couleurs. Lui porte un pull en V par-dessus une chemise, rien de très joyeux en somme. Il raccroche et là enfin, c'est promis, il est tout à moi pour une heure. Quelle folie ! Tant de dépenses, de trajet pour cette si petite heure. Mais j'y suis. Il prend de mes nouvelles. Je lui parle de tout, de rien, en toute honnêteté, ne lui cache rien de mon passé, de mon présent, de mes attentes. A son tour il me parle, pour me dire de lui parler de moi, encore et toujours. Je lui parle de mes doutes, de mes craintes, de mes échecs, de mes complexes. Il me regarde, toujours bienveillant. Il ne m'a toujours pas invitée à m'allonger sur le canapé. J'attends, rien ne se passe. Quoi que je lui raconte, il me trouve courageuse, belle, formidable. Il commence à m'énerver avec ses 10 sur 10. Je lui explique que j'admire ce qu'il fait mais que j'ai foutu en l'air mes études et que j'aurais pu, j'aurais du faire mieux. Il me refait le coup du 10 sur 10 en m'expliquant que bien au contraire, je n'ai rien raté, que j'ai juste ce sentiment d'orgueil à cause de ma culture maghrébine. Et il parle, et il parle et il parle et finalement bien plus que moi, et toujours pas d'invitation à m'allonger. Mon esprit s'échappe quelques instants et je reviens de cette évasion avec la certitude que jamais je ne tomberai amoureuse de lui (ce qui normalement devrait arriver).
Voilà, c'est fini. Je ne le reverrai plus. Parce que ce n'était pas comme dans les films. Moi qui me voyait déjà confortablement allongée sur un canapé douillet dans mon joli chemisier lilas, amoureuse d'un homme qui jamais n'aurait eu le droit de me rendre mon affection, et à qui j'aurais tout dit pour qu'il me sauve de mes angoisses ! Une relation platonique, impossible, un rêve...Je n'aurais pas du y aller avec en tête "La Maison du Dr Edwardes", parce que forcément, ça ne pouvait pas le faire. La psychothérapie, c'est pas du cinéma, dommage ! Je vais me mettre à la thalasso, j'aurais peut-être une chance de rencontrer Flipper le dauphin (j'écris vraiment n'importe quoi parce que pour croiser un dauphin dans une baignoire et puis au niveau conversation....) - THE END !!!!!
25 avril 2008
MON LOOK
Pour répondre directement à certains, en ce moment ça donne ça !
23 avril 2008
CAUSE PERDUE ?
Il y a des sujets et des situations qui ne prêtent pas à rire et pourtant on en rit. Ma question aujourd'hui n'est pas de savoir si l'on a le droit de rire de tout, ce sera le sujet d'un prochain post peut-être. Le souci c'est simplement que parfois avec la meilleure volonté du monde, en se répétant avec sérieux "Non, non, ressaisis-toi, là c'est du sérieux et en plus tu as un rôle pédagogique important, là, tout de suite, maintenant", on ne peut s'empêcher de rire et plus on culpabilise de rire et plus on rit, comme si d'ailleurs la culpabilité était un facteur dopant, euphorisant.
Je viens de vivre cette situation tout récemment avec mon fils. Nous étions tranquillement installés sur la terrasse et avions une conversation plutôt sérieuse sur la télévision, notamment sur les derniers spots publicitaires. A un moment mon fils me dit :
- "Ah ouais au fait, tu as vu le dernier spot de "Putes sans Frontières" ?"
...Un ange passe rapidement...(deux secondes)
- "Euh, non je voulais dire "Ni Putes, Ni Soumises..."
Trop tard, nous étions tous les deux partis dans un fou rire, idiot comme tous les fous rires et nous n'avons bien sûr pas pu discuter de ce sujet ô combien sérieux et intéressant. Et le plus grave, c'est que désormais, dès que nous entendrons ou lirons le nom de cette valeureuse association, un sourire incontrôlable ornera nos lèvres, occultant d'office le fond du message délivré. Le mal est définitivement fait !







