07 janvier 2008
FAKE BOOK
Bienvenue dans la fake life, le paradis géant des Bisounours, celui où tout le monde aime tout le monde et s’ouvre de nouveaux horizons, retrouve des amis perdus de vue, s’affiche, fouine, crée des réseaux amicaux, associatifs, professionnels ou autres. C’est gentil tout plein, on se poke, se kiss, se hug à n’en plus finir. On joue, on se défie pour le plaisir, que du bonheur ! Les cadeaux ne coûtent rien (c’est l’idée qui compte), et en plus ils n’ont pas de date de péremption. Quoi de plus beau ?
Facebook c’est aussi :
- l’espace du grand pardon : dans la vraie vie, X, qui vous a dit ne pas blairer Y, accueille ce dernier dans son cercle d’amis,
- la grande ronde de l’amitié, là où les amis de mes amis sont mes amis (il y a des listes d’amis qui n’en finissent plus - des records à battre peut-être ?),
- l’espace le plus militant du monde (pour défendre une cause, il suffit d’un clic), d’où coup on se trouve à se battre sans fatigue aucune pour au moins une dizaine de causes,
- l’endroit où même si, à 50 balais, on envoie des smileys, des dessins de gâteaux et de fleurs dignes des Teletubbies, on n’a pas l’air d’un ado attardé (en tout cas, il n’y a personne pour vous le dire),
- la boisson qui coule à flots, on trinque à gogo ; en gros ça ressemble à l’ancienne pub Heineken (avec Robert Palmer qui chantait « It tales every kind of people to make the world go round ») mais en plus jet-set s’il-vous-plaît, on boit du champagne pas de la bière,
- l’endroit idéal pour intégrer des cercles de tout et de rien pour lesquels on n’a pas forcément le profil ou la culture, mais peu importe, ce qui compte c’est d’y avoir été invité (et comme une invitation se refuse difficilement),
- un point de plus à intégrer dans son C.V. pour prouver qu’on maîtrise bien l’anglais,
- etc.
Bref, c’est le meilleur des mondes, celui du rêve et de la facilité, un petit paradis artificiel où il peut faire bon s’évader. Petit hic tout de même, c’est la machine qui valide vos amitiés par un « X and Y are now friends ». Ce petit « now » balaie d’un coup des années d’amitié comme si elles n’avaient jamais existé avant validation !
RETOUR A L'ENVOYEUR
Un ami me raconte son réveillon de Noël. Il offre à une personne présente, avec laquelle il n’a que des rapports très superficiels (belle-famille éloignée), le dernier roman d’Harlen Coben, car il sait que cette personne adore les polars. En découvrant la couverture du livre, cette dernière le remercie mais lui restitue immédiatement son cadeau : «Vraiment désolé, mais je l’ai déjà. » Mon ami reste interloqué et remballe son cadeau, avec un arrière goût d’amertume. Il me demande ce que je pense de cette réaction. Je lui dit que je trouve cela franchement goujat, et que si j’avais été dans cette situation, j’aurais accepté le cadeau avec plaisir sans rien dire (c’est l’intention qui compte), quitte à l’échanger plus tard ou l’offrir à une tierce personne.
Quelques jours plus tard, je prends mon petit déjeuner en regardant « Télé Matin » sur France 2. Et voilà, que le sujet est évoqué. Et là, je prends une claque. La chroniqueuse explique qu’il ne faut avoir aucune gêne, lorsqu’on reçoit un cadeau, à dire directement qu’on l’a déjà ou qu’il ne nous intéresse pas. Les temps changent, les règles aussi. Ai-je pris un coup de vieux, suis-je trop rigide ? Peut-être, mais je reste malgré tout très perplexe.
12 décembre 2007
DANS MON LIT...
Il s’appelle Wigo, ça commence bien non ? C’est exotique. Il a 20 ans. Il est grand, noir, robuste et puissant. Il est allemand, du moins je crois. Je n’ai jamais vu ses papiers. Et puis peu importe ! Depuis des années, je l’invite l’hiver dans mon lit. C’est une relation saisonnière, c’est ainsi, le besoin de plus de chaleur... ça se vit, ça ne s’explique pas. Il est docile, ne rentre dans ma couche qu’à ma demande et là il me prodigue toute sa chaleur, toute sa douceur. Je me sens bien, enrobée, enveloppée, rassurée, réchauffée au plus profond de moi. Lorsque je suis comblée, satisfaite, je n’ai qu’à le commander et il s’arrête. C’est là la limite du rêve car Wigo ne connaît que deux positions, la première et la deuxième, la deuxième se voulant plus intense que la première (ce qui honnêtement est vrai). Je l’allume comme je veux, c’est si facile. Il réagit au quart de tour, c’est un impulsif. Il fait très bien ce qu’il fait mais hélas avec grand bruit. Au lit, parfois c’est gênant, surtout lorsque mettant toute son énergie à me procurer du bien-être, de mon côté je tends l’oreille pour entendre le son de la télé restée allumée ! Le reste de l’année, c’est une à deux fois par semaine, que je l’autorise, à frôler de son souffle mes cheveux. Il s’en contente. Parfois, je l’occupe en cuisine ; il n’a pas son pareil pour dégivrer l’ambiance. Il est juste beau et bon, ça me suffit pour ne plus pouvoir m’en passer, mon super sèche-cheveux.
16 novembre 2007
LA DJELLABA
Houmt Souk, une femme en djellaba. Je ne suis pas retournée au Maroc depuis août 2002 et cette femme me ramène au pays. Je me souviens des vacances d’été. Ma mère nous y préparait, m’y préparait des mois à l’avance. Il y avait bien sûr les valises pleines de cadeaux pour la famille, mais il y avait aussi et peut-être surtout la valise, celle de sa revanche, où semaine après semaine, elle avait « réservé » les beaux habits tout neufs que j’étais en devoir de porter pour lui faire honneur et leur clouer le bec ! Sauf que je n’ai jamais été obéissante, et qu’à son grand désespoir, je n’ai jamais eu assez peur ni de son amour, ni de sa violence ni de ses chantages.
Moi, ce qui me plaisait, c’était la djellaba noire de ma cousine. Je la portais tous les jours. En la portant, j’avais l’impression de balayer mon statut d’émigrée, d’étrangère. Je me fondais dans la masse, je lui appartenais. Elle était si confortable, si facile à vivre. C’était aussi l’instrument par lequel j’exprimais rébellion et solidarité. J’avais si honte de ces belles tenues. Comment traverser rues et ruelles de la ville habillée de la sorte et croiser le regard de misère ?
Ma mère en arrivait à me supplier, et pour lui faire plaisir, je lui accordais une ou deux sorties en tenue. C’était l’horreur. Tous ces regards, toute ma honte.
01 novembre 2007
J'VEUX PAS MOUILLER MES CHEVEUX !
Je continue dans ma série des objets dont je ne comprends pas trop la conception. J'ai toujours été
fascinée par la douche "américaine". Il faut dire qu'elle fait partie de notre univers télé et cinématographique. Combien de scènes de suspense n'avons-nous pas vues sous ces fameuses douches ? A l'écran, les américains sont d'ailleurs rarement dans une baignoire et les européens rarement sous une douche... Je me demande pourquoi, mais je m'égare...
Ma question du jour est de savoir si les américains doivent se mouiller les cheveux à chaque douche, leur pommeaux fixes ne leur laissant pas trop le choix. Pour éviter le "mouillage", je ne vois que deux solutions : porter un bonnet ou se tortiller habilement en exerçant des mouvements d'étirement extrême de la tête. Pas très sympa ! Autre problème, oh combien crucial (du moins pour moi), comment nettoyer correctement son bac de douche (surtout les coins) avec un pommeau fixe, et comment le faire sans se mouiller ?
N.B. du 01/11/2007
Je complète ce "sujet" (oh combien important) aujourd'hui pour remercier Isabelle. Je n'avais effectivement pas songé au problème de la toilette intime sous une douche à pommeau fixe. C'est vrai qu'il faut être contorsionniste et elle m'a également rappelé qu'aux Etats-Unis, on se lave les cheveux tous les jours.
Poursuivant ma réflexion sur le thème, je viens juste de réaliser que pour les cinéastes, c'est bien plus pratique, car avec les deux mains libres, la douche devient forcément cinématographiquement plus sensuelle.
02 octobre 2007
V.I.P. (Very Important Paper)
Elle est d'une couleur terreuse, sablonneuse, sans éclat, rugueuse sur sa face interne et lisse sur sa face externe. On dirait qu'elle joue de l'art du camouflage sur nos bureaux couleur hêtre. Elle est bruyante, froisse très vite mais voilà, à Djerba, elle est dans chaque maison, chaque bureau de chaque entreprise ou administration. Elle nous est indispensable car ne souffre pas de la concurrence de ses consoeurs de couleurs variées, seulement disponibles dans de rares papeteries de l'île et réservées aux contrées plus nanties. Je parle ici de la chemise Kraft qu'un jour ou l'autre chaque habitant de Djerba trimbale d'une administration à l'autre, d'u bureau à l'autre. Elle contient tous nos secrets, nos espoirs, nos problèmes, mais aussi les bonnes nouvelles de nos vies. Elle a le véritable monopole en tant qu'écrin peu joyeux de la paperasserie qui résume notre quotidien.
11 août 2007
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La vie est faite de petits et grands bonheurs mais aussi de petits et grands soucis. Dans les petits soucis du quotidien à Djerba, voire en Tunisie car il me semble que c'est un problème national, il y a la découpe du papier essuie-tout et du papier toilette. En 14 ans de vie sur cette charmante île, je n'ai eu qu'une seule fois le plaisir d'acheter un rouleau essuie-tout dont les pointillés servaient à quelque chose. Sinon, nous devons nous contenter de déchirer lamentablement notre rouleau au fur et à mesure de nos besoins, et le résultat n'est franchement pas esthétique dans notre petite cuisine. Il m'arrive parfois même de prendre les ciseaux pour assurer une découpe correcte. Quant aux fabricants locaux de papier toilette, ils semblent adorer la colle. A chaque nouveau rouleau, il faut essayer de décoller délicatement la première feuille sans arracher tout le reste du rouleau. Cela demande du temps, et de nos jours, le temps... Pour les pointillés, c'est bien sûr le même topo que pour l'essuie-tout.
N.B. : Je réalise la difficulté du métier de photographe publicitaire. Il est loin d'être facile de faire une photo correcte d'un rouleau de papier toilette. Comme vous le constatez, je n'y suis pas arrivée.
19 juillet 2007
LE/LA PARTENAIRE IDEAL(E)
Avis à tous ceux en quête d'une relation qui joint l'utile à l'agréable : le partenaire idéal traîne sûrement dans un superbe magasin de mobilier design côté rive gauche. Deux catégories de visiteurs : les flâneurs curieux sans fric et les avec beaucoup de fric qui équipent effectivement leur maison dans ce magasin. Une fois sur les lieux, il faut bien sûr éliminer d'office ceux de la première catégorie (ce qui demande un instinct sûr et une absence totale de sentimentalisme) . Il faut ensuite repérer sa future conquête, l'aborder et laisser son charme agir. Plusieurs tentatives peuvent être nécessaires. Mais si vous faites mouche, c'est la certitude d'avoir mis la main sur le meilleur parti : à vos goûts sur le plan physique (vous l'aurez choisi en live et non pas sur photo), assez riche pour acheter dans cette boutique et assez con pour payer une bassine en plasique la peau des fesses, à savoir 72 Euros (ce qui implique qu'il y a forcément du personnel de ménage à la maison et qu'on peut le ou la mener par le bout du nez). Et puis, si il ou elle achète un simple plumeau à 44 Euros ou une passoire à 46, alors imaginez les cadeaux d'anniversaire !

16 juillet 2007
POURQUOI FAIRE SIMPLE ?
J'ai craqué pour ce verre à dents il y a quelques temps : les couleurs en harmonie avec ma salle de bains, les petits trous prévus et pour le tube à dentifrice et pour les brosses à dents. Chouette, de l'ordre ! Je n'ai pas poussé le vice jusqu'à jeter les anciennes brosses pour en acheter de nouvelles plus "assorties", ce qui de ma part est étonnant mais finalement rassurant (c'est tout de même un détail que je règlerai lorsqu'il faudra les changer). En fait, tout était bien plus simple avant lorsqu'il n'y avait pas de couvercle. Maintenant, il faut viser juster, avoir une brosse dont le diamètre du manche puisse entrer dans le trou prévu à cet effet, enlever le couvercle pour nettoyer le verre, bref tout sauf un progrès...
15 juin 2007
MARQUES DE PRESTIGE
Pas terribles les photos, je sais mais le but est juste de me vanter. Certains sont fiers de sortir leur Mercédès, d’autres leur dernier Nokia et d’autres encore leur faux Vuitton et autres Dolce & Gabbana.
J’expose donc ici, sans pudeur aucune, nos signes extérieurs de richesse. A gauche, sur ma main, la tâche brune qui orne mon poignet droit à force de surfer sur le Net. A droite, le dos du fiston joliment marqué en son centre par le dossier de sa chaise du collège.
Et oui, nous aussi on se la pète car l’accès au savoir, ça c’est vraiment chic.







